Théâtre

Beckett chouette

Oh les beaux jours

Œuvre majeure de Samuel Beckett, Oh les beaux jours pose avec la plus grande lucidité la question – souvent exaspérante – de la condition humaine. Après le « Quartett » d’Heiner Müller, autre « monstre » de texte, Charles Rios et Isabelle Martinez brûlaient de s’y confronter. C’est chose faite.

Il y a pourtant comme un malentendu autour de l’œuvre, de l’écriture de Beckett. On le suppose volontiers abscons, hermétique, et désespéré. Encore faut-il bien s’entendre sur ce dernier terme : comme Cioran, Beckett voit dans l’abandon de l’espoir une source de joie, tant l’impossibilité de tout comprendre de la réalité peut se faire usante.

Et il y a dans son écriture le souci constant de la clarté, du mot choisi et pesé, sans qu’aucun fard littéraire ne vienne trahir ou simplement déguiser son propos. Sans que des semblants de réponses ne soient donnés aux vraies questions.

Dans Oh les beaux jours, on assiste à la disparition progressive d’une femme qui, tout en étant avalée par la terre, parle sans tragédie de la vie telle qu’elle respire encore. Et c’est avec une légèreté comique. Une grâce grotesque. Un pathétique joyeux. De ce corps entravé, sourd une déchirante joie d’être au monde.

« Avoir toujours été celle que je suis et être si différente de celle que j’étais ! » (Winnie, Oh les beaux jours)

« Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter. » SAMUEL BECKETT


Présentation : CDOI

MISE EN SCÈNE Charles Rios et Isabelle Martinez INTERPRÈTES Isabelle Martinez (Winnie) et Jacques Dehais (Willie) SCÉNOGRAPHIE Charles Rios SON Matthieu Bastin LUMIÈRES Valérie Becq PRODUCTION Cie La Pata Negra COPRODUCTION Centre Dramatique de l’océan Indien, Cité des Arts AVEC LE SOUTIEN DE la DAC OI, la Région Réunion, le Département de La Réunion
Un spectacle en partage avec la Cité des Arts

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