Rencontre

Pa Mwin Lotèr : “Madiba/Zénani” X Jocelyne Lavielle

PA MWIN LOTÈR : un cycle de lectures scéniques mises en forme, un espace de découverte des écritures d’aujourd’hui.

« Un espace sombre et fermé, un ventre, une grotte, l’intérieur d’une case du peuple Tembu à Qunu dans le Transkei ?... Un passage… Un sas ?... Pas un lieu calme, non. « Ici, on n’est pas calme, tu verras, tu viens d’arriver, tu ne sais pas… Ici on est en rage, et les murs ne bougent pas, les murs ne bougent pas… »
Un lieu de confrontation.
Madiba est âgé. Zénani, son arrière-petite-fille, a treize ans. Elle est morte deux jours après son anniversaire, dans un accident de la route, en revenant de la fête d’ouverture de la Coupe du Monde de football 2010, en Afrique du Sud.
Le dernier chagrin privé de Mandela ?
Au départ, une question : comment ont-ils fait pour éviter la rage, la haine, le désir de vengeance, le désir d’humilier, après l’apartheid ?
Zénani fait émerger ces questionnements parce qu’elle est jeune, parce que la mort, sa mort, est injuste.
Elle est la colère, elle est l’amour aussi.
Elle n’a pas connu l’apartheid sinon par ce que lui en auront raconté les aînés et Madiba. Elle veut savoir pourquoi, elle veut la vérité.
Lui a beaucoup vécu, elle aurait aimé vivre un peu plus.
Juste à la fin de l’écriture de la pièce, je découvre que Zénani, en xhosa, veut dire : « Qu’as-tu apporté au monde ? »
JOCELYNE LAVIELLE