Musique

Patrick Persée

nstallé en France depuis plusieurs années le fondateur de Persée Poliss continue de distiller son maloya-rock, ses vibrations reggae et son style inimitable avec le même enthousiasme. Une occasion à ne manquer sous aucun prétexte pour revoir le créateur de « Ti Galet », « Arrèt la guer », « Faux train » ou encore l’inoubliable « Bois de l’eau » ! Bisik i atan à zot !

Maloya des anciens esclaves noirs et le Séga créole fusionnent avec le Rock et le Reggae. Patrick Persée jongle habilement avec les rythmes binaires et ternaires, donnant à cette musique d’inspiration traditionnelle un caractère résolument moderne. Chantées en créole, français, anglais ou espagnol, ses paroles pleines de fantaisie et de bon sens ont souvent la force des proverbes. Légère, profonde et universelle, sa musique est un message de paix et d’amour. Durablement installé en France, l’ambassadeur de la musique réunionnaise propose une « World Music » originale, un nouveau son : du Maloya-Rock-Reggae qui séduit un large public. « Sa vie, son style, son personnage semblent coulés dans le moule de Marley dont il connaît peu de choses ».




Rares sont les auteurs-compositeurs réunionnais à avoir fait le choix de « s’exiler » en métropole. Pour Patrick Persée, qui a franchi le pas il y a dix ans, c’était une nécessité, le besoin de confronter sa musique, son histoire à de nouvelles sonorités, de s’affranchir de l’histoire réunionnaise pour mieux l’enrichir. D’où les chansons en français et en créole, d’où le maloya, le rock, le reggae, les ballades, d’où le titre, Black Manouche, de son nouvel opus.

Mais si le gitan de l’océan Indien sait mettre en valeur ses racines musicales en mêlant rouler et guitare électrique, il n’oublie pas que le voyage signifie parfois déracinement. Et perte d’identité. Une partie des recettes des ventes de son huitième album seront versées au profit des enfants réunionnais qui avaient été placés dans des familles dela Creuse dans les années 70 par les autorités françaises. Ne cherchez pas pour autant un cri, une révolte dans Black Manouche. Patrick Persée a toujours « la foi » (2001) en l’homme, un bonheur de vivre qu’il illustre avec des paroles simples, légères, naïves. Et cela fonctionne !

Le charme paisible de La vie alterne avec le son rock, plus dur et entraînant de Zistoire ou le maloya sans colère, planant de Sa va fini.

Métis né dans une île multiculturelle, ce rasta au coeur tendre joue avec les rythmes et la fusion des genres. En croisant les riffs électriques et les percus des djembés, Patrick Persée devient dans Black Manouche l’ambassadeur d’un style nouveau, que l’on se prendrait à nommer... maloyock ?

Drôle de terme, mais il convient bien à ce Réunionnais à part, qui refuse les étiquettes musicales et trace son chemin loin des circuits traditionnels. A découvrir !