Musique

1ère partie : Ann O’aro

Zanmari Baré

Des textes empreints d’esprit(s) et d’histoire(s), c’est ce que proposent ZANMARI BARÉ et ANN O’ARO, sa première partie.

Zanmari Baré - Maloya (Réunion)

Auteur et compositeur patient, sensible et engagé, Zanmari Baré s’inscrit dans la lignée artistique et politique du grand Danyèl Waro, dont il fait figure d’héritier naturel (ils ont d’ailleurs le même label, Cobalt) : l’exigence de son écriture, son amour de la poésie et la qualité de son interprétation en font l’un des plus sérieux espoirs de la musique réunionnaise. Il se distingue cependant de son aîné par la douceur de ses chansons et de sa voix très juste, là où Waro cultive un maloya plus énergique et joue d’un chant plus souvent accidenté, moins précis, quoique peut-être plus libre.

Longtemps éloigné des scènes réunionnaises, ce maloyèr de grand talent a repris du service actif depuis la fin de l’année 2012. Son premier album, Mayok Flèr, est paru en juillet 2013. Il rassemble des compositions en grande partie écrites avec Lansiv, groupe avec lequel il était sur le point d’exploser en 2008 quand il a finalement choisi de mettre un terme provisoire à une carrière prometteuse.

Il est donc de retour, et c’est tant mieux. Le maloya de Zanmari Baré est un blues langoureux et poétique appuyé sur des textes très libres où les femmes, la rencontre et la langue créole tiennent les rôles principaux. Il emploie des instruments traditionnels du maloya, joue une musique assez pure, et s’est entouré pour ça d’une troupe de dalons qui compte certains des plus fins percussionnistes réunionnais, qui l’accompagnent sur scène avec beaucoup de bonne humeur.

Doué d’un grand charisme sur scène bien qu’assez timide, cet homme longiligne et réfléchi est l’un des artistes avec lesquels il faudra compter dans l’avenir à la Réunion.






Ann O’aro - Réunion Ann’ O’aro est accompagnée par le dispositif Békali (impulsé par le TCO, porté par le Kabardock, Léspas et Le Séchoir)

Petite, c’est en tant qu’organiste à l’église qu’Anne-Gaëlle Hoarau, de son vrai nom, commence.

Ensuite, elle se balade : flûte traversière jazz et classique au conservatoire, percussions réunionnaises avec Vincent Philéas, théâtralisation de ses textes dans le cadre du festival Total Danse au Téat Plein Air,… Ann O’Aro explore et se professionnalise, notamment avec le duo Oktöb (percussions et harmonies vocales) ou sa création chorégraphique « Lo Kor Kapé ».

Aujourd’hui, c’est un nouveau projet et nouvel instrument qui amène l’artiste au Kabardock : sa voix. Ann O’Aro s’accompagne d’un soutien percussif puissant tandis que son écriture sauvage s’imprègne des langages accidentés ou des tics langagiers : une fulmination poétique branchée sur les tabous insulaires, les émotions fortes et les passions amoureuses. Et quand le chant d’Ann jaillit, c’est un chant qui plonge dans la réalité et n’a pas peur des ombres.