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Isabelle Kichenin

Journaliste, plume libre et acérée dont vous pouvez lire la prose ici ou .

Ziskakan
Bato fou

Je suis toujours très émue d’entendre ce titre. Bato fou, c’est mon premier contact avec la musique réunionnaise. J’avais 6 ans et je vivais à Dijon. Mon père écoutait religieusement cet album de Ziskakan et l’émotion emplissait tout l’appartement. Un an plus tard, il réalisait enfin son rêve : rentrer avec sa famille dans son île natale, dont il avait été arraché enfant. En grandissant, j’ai compris le sens de cette chanson. Puis j’ai assisté à mon premier concert de Ziskakan, adolescente. J’ai ensuite rencontré Gilbert Pounia. J’ai un profond respect pour cet homme.

Alain Peters
Mangé pou le cœur

Peters, bien sûr ! Pour sa poésie et sa façon magique de faire danser les images. Et pour le souvenir de lycéenne que je garde de lui. Au Butor, à l’arrêt de bus, il nous avait chanté une chanson avec son bras dans le plâtre. C’est le genre d’instant suspendu qui ne peut que marquer un ado : un homme visiblement abîmé par la vie qui nous offrait, comme ça, une parenthèse de beauté, un « cari pou le cœur »… Il avait l’air si libre !

Maxime Laope & Benoîte Boulard
Madina

Je me souviens du jour où mon poste de radio m’annonçait la mort de Maxime Laope. J’avais pleuré. Pourtant je ne le connaissais pas. Mais ses chansons, et particulièrement Madina, faisaient partie de ma vie tant je les avais entendues à la radio enfant. J’avais « traité » son décès pour le journal où je travaillais à l’époque. En voyant les anonymes se presser chez lui pour saluer la famille, je me suis dit que je n’étais pas la seule à avoir pleuré dans mon auto ce matin là.

Nathalie Natiembé
Bonbon zetwal

Madame Natiembé ! Une des plus grandes plumes vivantes réunionnaises. J’admire l’artiste et j’aime la femme : entière, humaine, hypersensible, libre. J’aurais pu citer Karma, qui me donne des frissons à chaque fois, mais j’avoue un faible pour Bonbon zetwal et cette façon imagée d’évoquer le deuil.

Zanmari Baré
Mayok flèr

Mayok flèr… un grand bol d’amour qui fait sourire les yeux … et pleurer un peu le cœur des âmes seules …

Danyèl Waro
Madlinn

Monsieur Waro ! J’aurais dû le citer bien plus haut. Difficile l’exercice du « classement du cœur ». Danyèl Waro, ce sont les souvenirs des premiers kabars. C’est aussi pour moi celui d’une magnifique séance de dédicace que j’avais organisée quand j’étais libraire pour la sortie d’une collection en créole avec Axel Gauvin, Carpanin Marimoutou et Danyèl Waro. Ce jour représentait pour moi un défi énorme : celui d’affronter mon complexe face à la langue créole, cette impression que j’ai eu longtemps de ne pas être légitime car on ne le parlait pas à la maison. Danyèl Waro n’a pas arrangé mon complexe : mwin la pa kompri ryin son dédikas su son liv, Demavouz la vi. Madlinn est, avec Adekalom, un de ses rares titres où je comprends tout (enfin, je crois).

Jim Fortuné
Célimène

Magnifique poète chantant, superbe chanson, bel hommage à Célimène.

Vollard Combo
Kafrine

Parce qu’Arnaud Dormeuil nous manque et qu’il y a peu de chansons qui traitent de la condition féminine à la Réunion. Et parce que quand Jean-Claude, le charcutier de Piton St Leu, la sifflote tout le monde a le sourire.

Davy Sicard
Kolèr nwar

Lui aussi j’aurais dû le citer plus haut. Comment faire ? La voix du cœur. Cette chanson, figurant sur son dernier album, me remue. C’est comme si j’entendais toutes les colères rentrées de La Réunion, tous les non-dits de l’île à peurs…

Françoise Guimbert
Tantine Zaza
Parce que Françoise Guimbert sur scène, c’est quelque chose ! Et je triche en ajoutant un titre clin d’œil : Adieu p’tit zoreille de Gilberte, parce que j’avais le texte dans mon cahier de chant à l’école primaire, à côté de Pierre Roselli et Expérience 7.

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