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Maya Kamaty

La môme Pounia s’est vite fait un nom bien à elle. Ansanm, la jolie saudade créole qui ouvre son premier album Santié Papang, a longtemps fait dodeliner la playlist de France Inter, honneur rare pour un musicien réunionnais. C’est que Maya appartient à une génération qui, avec Grèn Sémé ou Tricodpo, utilise les instruments traditionnels du maloya pour écrire la chanson créole de demain, et parvient à enrouler autour de ses racines des influences modernes qui la font sortir du champ patrimonial pour toucher au cœur un public plus large. Mais quand il s’agit de parler des chansons réunionnaises qui ont marqué sa vie, c’est bien aux anciens que cette auteur moderne tient à rendre hommage.

Photo : © Karen Pang
Alain Peters
Romance pour un zézère

C’est une chanson que j’écoutais petite, et c’est une mélodie qui est toujours restée dans ma tête. Parmi toutes les chansons d’Alain Peters, qui font toutes parties de mes influences, c’est celle qui m’accompagne presque au quotidien. Sur l’enregistrement de ce disque, le son est cracra, très brut, mais c’est aussi ce qui fait sa beauté. Et je trouve que c’est important de parler toujours en encore d’Alain Peters, parce qu’il reste un gros travail à faire auprès des plus jeunes pour qu’ils connaissent sa musique. J’ai pu m’en rendre compte en travaillant avec Alex Sorrès et Sergio Grondin sur un spectacle où nous lui rendions hommage, Vavangèrs, et où on a notamment fait des résidences d’écriture dans les écoles. Les marmays ne le connaissaient pas. Et s’ils sont d’abord marqués par son histoire, par l’alcool et le zamal, à la fin de la semaine ils retiennent surtout la beauté des paroles, et certains des élèves qu’on a rencontrés alors continuent de me remercier aujourd’hui de leur avoir fait découvrir ça.

Ziskakan
Romans pou Rico

C’est l’une des balades réunionnaises que je trouve les plus belles, et puis c’est surtout pour l’histoire, qui est tragico-magnifique. Parce que l’histoire de Rico Carpaye, c’est l’histoire d’une injustice perpétrée par des hommes de loi, par des hommes de pouvoir. En 78, un garçon de 17 ans a été assassiné pendant des émeutes, et on sait très bien qui a fait ça, et personne n’a jamais été condamné, et derrière il y a une famille qui reste complètement abandonnée. On a joué au Port il y a quelque temps, au Théâtre sous les Arbres, et la famille de Rico était là et c’était très émouvant. D’ailleurs on va bientôt sortir un album pour les 35 ans de Ziskakan, où pas mal de morceaux seront réarrangés, et le disque s’appellera sans doute Romans pou Rico, parce qu’il est indispensable que cette histoire ne soit jamais oubliée.

Granmoun Lélé
Zelvoula

C’est l’un des morceaux qui m’ont fait reprendre contact avec le maloya, avec cette partie de notre histoire, alors que j’étais éloignée de La Réunion. Quand j’étais à Montpellier, on chantait cette chanson avec Grèn Sémé dans des kabars d’expatriés, on a tous refait les chœurs de cette chanson, et on la réécoutait inlassablement en essayant de déchiffrer les paroles, qu’on ne connaissait vraiment pas même si on la chantait – d’ailleurs, c’est l’occasion de lancer un appel à la famille Lélé : ce serait super de publier un livre qui regroupe les textes de Granmoun Lélé, parce que là aussi, il faut continuer de transmettre cette musique et de la faire connaître pour ne pas laisser les gens oublier.

Mélanz Nasyon
Anklové
Lo Rwa Kaf
Saint-Benoît Beaulieu
Henri Madoré
A, B, C, D
Danyèl Waro
Po mwin maloya
Tricodpo
Dann mon délir
Zanmari Baré
Mayok flèr
Maxime Laope & Benoîte Boulard
La rosée tombée

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