Actualité

A Boucan.

J’ai piscine...

Article datant de 2017 suite à la réouverture du bassin au public.

Vide à marée basse, peuplée d’oursins, exiguë par certains endroits, d’accès compliqué, eau stagnante, pas entretenue, etc.. La réhabilitation de la piscine naturelle de Boucant Canot n’était pas une mince affaire mais était clairement nécessaire. Après 4 mois de travaux houleux, elle est de nouveau ouverte et on peut s’y ébattre avec bonheur et en toute sécurité. Récit d’une résurrection.

La décision de revaloriser ou créer des bassins de baignades ne date pas d’hier. Et n’est pas liée à l’épineux problème des attaques survenues ces dernières années même si, évidemment, elles ont rendu cette question plus prégnante. Mais si d’aucuns avaient voulu que tout aille plus vite, il faut savoir que l’aménagement du domaine côtier est soumis à d’importantes réglementations… qu’il était nécessaire de respecter puisqu’elles sont là pour qu’on ne fasse pas n’importe quoi, n’importe comment. C’est ainsi. Ces contraintes, ces lois de protection de la nature et du territoire visent à ce que toutes mesures ou tous travaux entrepris sur l’espace public, et encore plus à proximité des côtés, soit pesés à l’aune des répercutions futures sur l’environnement et les usagés ; et non plus réalisés sans discernements, pour un intérêt privé où l’envie et besoin du moment. Ces précautions imposent moult études, démarches, autorisations qu’il était urgent de suivre et respecter malgré l’attente, compréhensible, du public.

Au final, force est de reconnaitre que les choses ont été bien faites. Après plusieurs années de démarches administratives, d’analyses et de préparations (toujours penser à l’avenir), les quatre mois de travaux de réhabilitation du bassin de baignade de la plage de Boucan Canot ne furent qu’un aboutissement… avant l’ouverture au public ce 15 septembre dernier. Occasion de constater que l’espace de baignade a été à la fois complètement ré-aménagé, amélioré, optimisé, et pourtant, que le pré-existant n’a nullement été chamboulé. Vu d’en haut, c’est spectaculaire : la piscine semble ne pas avoir changée et s’intègre de la même manière dans le prolongement rocheux de la plage. Elle est pourtant devenue toute autre. Son eau, de la même couleur que celle de la mer à côté, se détache enfin. Cette prouesse est d’autant plus remarquable que, toujours dans le cadre d’un strict respect de la nature, les travaux en eux même furent d’une extrême complexité. En plus de ne pouvoir être réalisés qu’en période d’été austral ; période où l’impact environnemental serait le plus faible… mais où les aléas climatiques - houles, intempéries - se sont succédés ; le chantier s’exécutait en fonction des marées et sous une surveillance quotidienne à laquelle il fallait s’adapter (analyses des répercutions sur l’eau, mesures anti-bruit drastiques pour préserver la faune aquatique, etc..). Entre fermetures pour cause de baleines dans les parages, pluies diluviennes, reprises d’ouvrages touchés par la houle et toutes sortes d’événements, les ouvriers n’ont eu, si on les mets bout à bout, qu’une quinzaine de jours pour remplir à bien leur mission. Et on ne vous parle pas des 500 poissons qu’il a fallut sauvegarder en les prélevant à la main !

Le résultat donc, c’est un bassin qui a gagné 200m2 - soit 1/3 de surface en plus - et de la profondeur - il va de 20cm pour la partie marmailles jusqu’à 1m40, plus que dans un lagon par exemple ! -. Le tout sans pourtant avoir changé d’emprise. 600m2 de baignade là où, sur le même périmètre il n’y en avait que 400 même pas totalement utilisables. L’astuce ? Des murés (re)construits différemment, à la fois plus droits pour gagner en espace et plus haut pour éviter l’ensablement. L’enrochement aussi, tout en étant maintenu en partie pour garder l’aspect naturel d’antan, a été considérablement diminué. Enfin, le fond a été bétonné, puis recouvert de sable, pour non seulement créer trois niveaux d’usages mais aussi pour effacer le petit problème des oursins qui piquent. Le renouvellement de l’eau, qui garde maintenant une hauteur stable et n’est comme auparavant plus sujette aux marées, est constant. Il est assuré grâce à un système de filtration repensé et en même temps toujours naturel. Auparavant, c’était juste les vagues qui remplissaient cette fonction ! La qualité de l’eau sera quant à elle non seulement garantie par des analyses fréquentes de l’ARS OI (Agence de Santé Océan Indien) mais en plus clairement indiquée aux abords du bassin. De quoi rassurer les plus sceptiques justement !

Question aménagements, si un nouveau chemin d’approche viendra compléter le dispositif, l’accès a tout de même été largement facilité. En complément, un local a été construit à proximité pour permettre aux usagés souffrant de handicap d’aller se baigner en toute commodité et sécurité. A ce propos, il faut aussi signaler que le bassin est, aux horaires classiques et adaptés selon les saisons, surveillé par des maîtres-nageurs. Qui réguleront aussi la fréquentation, prévue pour une moyenne de 150 à 200 personnes.

Conclusion : ça y est, vous pouvez vous baigner à Boucan en sortant l’excuse habituelle « je peux pas, j’ai piscine ». Bain oui, ça sera accepté ! Photos : Jean Patrouilleau (responsable du chantier à Tamarun), Mickael Dalleau. Texte : Sandrick. Agence ZED.

Galerie Médias