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Bordmèr

Les Brisants vs. Boucan : camarade, choisis ton camp !

Le beach-tennis rencontre un tel succès à la Réunion qu’il faut une patience tenace pour espérer fouler le sable blanc d’un court. Mais avec ces quelques tuyaux vous devriez sortir votre épingle du jeu. Plaisir et tranches de rigolade garantis. Alors camarade, qu’attends-tu pour choisir ton camp ?

Aux Brisants, de la place pour tous

Expérience sociologique. Prenez un petit Mahorais de 20 ans qui a grandi en banlieue lyonnaise. Arrachez-le le temps d’une journée à son milieu dionysien et placez-le au beau milieu d’un court de beach-tennis sur la plage la plus branchée de l’ouest. Enfilez-lui un short de bain en espérant qu’il se fonde dans la foule. Laissez-le garder son bob et ses baskets. Et observez. Quelques quolibets d’abord. Pas méchants. Et puis assez vite des liens se créent. Des univers se croisent. Et il repart enrichi d’une leçon gratuite et d’un 06.

La précision du Sniper

« Le beach-tennis est un sport très simple d’un point de vue technico-tactique. Tout est dans la précision : c’est l’exigence du sniper, deux battements de coeur le plus espacés possible », image Nicolas du Viking Beach Tennis, une des trois écoles actives sur le spot des Brisants. « Mais il est vrai que les tantines viennent surtout se muscler les fessiers », s’amuse-t-il. Ses cours à lui sont complets pour l’année à venir. Mais vous pouvez tenter votre chance auprès des autres écoles...

Tout arrive. Et rarement par hasard. Quand Bertrand Coulet a rapporté les premières raquettes de beach à la Réunion vers 2001, se doutait-il de l’ampleur que prendrait le phénomène ? Parler d’engouement pour cette pratique est une douce évidence. Il n’y a qu’à passer aux Brisants un soir de semaine, et à plus forte raison en journée le week-end, pour s’apercevoir qu’on tient-là le nouveau sport national, juste après la dodo-bouchons-coucher de soleil. Le filet était pourtant haut.

Exigence technico-stylistique

Notre Mahorais se sera amusé le temps d’une après-midi. À terme, trouverait-il sa place dans ce milieu sans pitié ? Sous le couvert d’une ambiance « assez relâchée [où] les gens sont cool », selon Lionel vice-président du 3B (Bourbon Beach Brisants), on sent bien présente une certaine exigence technico-stylistique. Les gars sont là pour la gagne ! C’est même le seul moyen de toucher une raquette aux heures d’affluence. « 2 matches gagnés, tu sors. T’es prioritaire sur la gagne d’après ».

Main dans le dos, un joueur indique à son partenaire où servir. On dit « test » pour un coup d’essai et « bonne balle » quand ça compte. Et là ça part. Très vite même. En face il y a du répondant. À jouer tous les jours, certains atteignent le haut niveau. Leur pratique les amène du Japon à l’Italie en passant par Aruba, l’autre paradis du beach après les Brisants. « Il faut de la place pour tous, loisirs ou professionnels. Et même, pour ceux qui viennent juste à la plage », conclut Lionel, perspicace.

Boucan, là où tout a commencé

Il fallait être là, le dimanche 20 septembre à la compète de rentrée de l’ARTVBT (Association Réunionnaise de Tennis Volley et Beach Tennis) pour retrouver l’ambiance qui a fait de Boucan une plage légendaire. Ados, c’est ici qu’on venait allègrement se rincer l’œil. Ce dimanche-là, aux premières loges sur le court n°1, une bonne camarade à ma droite, une dodo dans la main gauche, je savourais une sorte de flash-back, à la Marty McFly, d’un truc oublié.

Ma raquette spiderman

A Boucan pour prendre un cours, en individuel comme en collectif, c’est vers Ken et Raph qu’il faut se tourner. Le Boucan Beach Tennis enseigne à tous les publics : cours adultes tous les soirs du mardi au vendredi et le samedi matin. « On prend cinq personnes maximum, sur 1h15. On choisit son jour dans la semaine, c’est un cycle de 15 cours ». Les enfants sont les bienvenus également, dès 4 ans avec « tout adapté : des petites raquettes en bois spiderman pour dire ’je joue au beach’... ».
Avant de débarquer aux Brisants, le beach à la Réunion a réellement commencé à Boucan Canot. Une poignée de passionnés se retrouvaient pour jouer, simplement. Une asso est née. Et de 15 ils sont vite passés à 200 pratiquants. Avant de migrer à Saint-Gilles où l’herbe était plus verte – pardon le sable plus blanc. Plus plat en fait, et avec davantage d’espace où installer les filets. Jusqu’à ce que le spot devienne surpeuplé, et qu’un retour à Boucan s’avère vital pour la survie du jeu dans l’ouest. Et surtout pour retrouve l’ambiance roots des débuts.

Idéal pour débuter

Avec une colonisation assez récente, Boucan affiche une ambiance plus familiale, voire encore plus décontractée qu’aux Brisants, et avec moins de pression technique, même si l’exigence est de mise ici aussi. On y verra moins de gamines en maillot hyper sexy, plutôt des trentenaires bien sous tout rapport. Respect et tolérance sont la règle d’or et Arnold, engagé à temps plein sur le court, veille au grain. En somme, Boucan pourrait bien se présenter comme l’endroit idéal où débuter, surtout avant 16 h.

Le club se structure. Il manque un coin buvette et les fortes houles ont tendance à tout ravager. Les concerts du vendredi soir du bar d’à-côté, et bientôt les filets pour les surfeurs, devraient bientôt achever de remettre Boucan au centre de la carte des plages, comme avant. « Arnold est le référent sur place. Il est là pour faciliter les choses, faire tourner les joueurs, et rendre ça fluide », estime Ken, qui y donne des cours. Avec un Challenge à venir en décembre, nul doute que la fine équipe devrait y parvenir.